Econoclaste

le blog d’une apprentie journaliste

Tout savoir sur les Assemblées Générales

S’informer sur la société

Grâce au « droit de communication préalable », vous pouvez consulter certains documents de la société. Vous sont accessibles les comptes annuels et consolidés, les rapports du conseil d’administration et des commissaires aux comptes, la liste des administrateurs, l’ordre du jour des assemblées générales, un compte-rendu de la situation de la société, ou encore les tableaux de résultats des cinq derniers exercices. Ces informations sont le plus souvent rassemblées sous la forme d’un document unique, le rapport annuel, mais peuvent être demandées séparément. Elles peuvent être obtenues par voie postale, sous réserve de justifier sa qualité d’actionnaire et au plus tard cinq jours avant la tenue de la réunion. Vous pouvez aussi les consulter directement au siège social ou à la direction administrative de la société.

Connaître la date et le lieu de l’assemblée générale

Alors que les actionnaires détenant des titres au nominatif reçoivent une convocation, les personnes en possession de titres au porteur doivent s’informer elles-mêmes. Soit en lisant régulièrement la presse financière - la rubrique Carnet de l’épargnant du Journal des Finances recense chaque semaine la date, le lieu et l’heure des assemblées à venir - , soit en lisant le BALO (Bulletin des annonces légales), qui peut être consulté sur le site http://balo.journal-officiel.gouv.fr/. Les entreprises y sont tenues de publier un avis de réunion au moins 35 jours avant la date prévue, contenant les projets de résolution qui seront soumis au vote de l’assemblée. Puis, 15 jours avant la tenue de l’assemblée, un avis de convocation précise la date, l’heure, le lieu et l’ordre du jour.

Comment se faire enregistrer ?

Tout actionnaire peut participer à une assemblée générale (AG), à condition d’avoir acquis des actions de la société avant le troisième jour ouvré, à minuit, précédent l’assemblée générale. Si pour l’actionnaire au nominatif, le droit de participer résulte automatiquement de son inscription dans les registres de l’entreprise, les actionnaires possédant des titres au porteur doivent demander une attestation de participation à leur intermédiaire financier.

Mais pour que les délibérations de l’assemblée générale soient valables, il faut que les actionnaires présents ou représentés possèdent au moins le cinquième des actions ayant le droit de vote. Si le quorum n’est pas atteint, une deuxième réunion doit être programmée, durant laquelle l’AG statue à la majorité. Dans le cas exceptionnel des assemblées générales extraordinaires, les quorums exigés sont le quart des droit de vote lors de la première convocation, et le cinquième lors de la seconde.

Comment participer ?

A défaut de ne pouvoir assister personnellement à l’AG, vous avez la possibilité de voter à distance en remplissant un formulaire à renvoyer au plus tard trois jours avant l’AG. Vous pouvez, depuis la loi du 15 mai 2001, voter également sur Internet, au plus tard à 15 heures la veille de l’AG, en vous munissant des codes fournis par la société. Vous devez en faire la demande auprès de l’entreprise qui enverra, en même temps que les formulaires ou codes d’accès, l’ordre du jour, le texte des projets de résolution qui seront soumis aux votes de l’assemblée, l’exposé sommaire de la situation de la société, un tableau exposant les résultats des cinq derniers exercices ainsi qu’un formulaire de demande de documents et renseignements supplémentaires. Reste une dernière possibilité pour voter : donner une procuration à un autre actionnaire, à votre conjoint, ou au président de l’assemblée. Mais dans ce dernier cas, vous serez considéré comme favorable à toutes les propositions de la société. Le droit de vote aux AG revêt une importance particulière, car voter blanc y revient à voter contre.

Par ailleurs, vous pouvez participer à l’AG en posant des questions écrites au conseil d’administration ou au directoire, sous réserve qu’elles aient été envoyées par lettre recommandée avec avis de réception ou par voie électronique, au plus tard le quatrième jour ouvré avant l’assemblée générale. Elles doivent être accompagnées d’une attestation d’inscription dans les compte-titres pour justifier la qualité d’actionnaire. Les dirigeants ont l’obligation de répondre à ces questions lors de l’assemblée. Vous pouvez également proposer un projet de résolution inscrit à l’ordre du jour, individuellement ou en groupe, dans les ving-cinq jours précédants l’AG. Mais il faut pour cela détenir un certain nombre de titres, différent selon chaque société.

Toucher le dividende

Suivant la date à laquelle vous détenez vos actions, plusieurs cas de figure se présentent. Si vous avez acheté vos actions avant le détachement du coupon et les possédez encore le jour du versement, vous recevrez le dividende. Mais attention, l’achat doit être effectué à J-1 au plus tard du jour du détachement et être inscrit en compte. Mieux vaut donc les possédez quelques jours avant par mesure de sécurité. En conséquence, si vous avez acheté des actions entre le jour du détachement et du versement, vous n’aurez pas droit au dividende. Enfin, si vous possédez vos actions en SRD avant le détachement du coupon, vous percevrez le dividende mais le versement ne sera effectif que le jour où vous paierez effectivement les actions.

avril 11, 2008 Publié par Anne-Laure R | Finance | | Pas de commentaire

La Bourse de Sao Paulo séduit les investisseurs

Le marché brésilien s’est imposé comme la première place boursière des pays émergents devant la Chine.

La Bourse de Sao Paulo fait de la résistance. Depuis le 1er janvier, alors que l’indice MSCI pays émergents a chuté de 7,3 %, celui du Brésil a progressé de 1,6 %.  Avec une capitalisation boursière proche de 500 milliards de dollars, l’indice MSCI Brésil dépasse désormais celui de la Chine. S’agit-il d’une simple hausse cyclique ou d’un véritable mouvement de fond ? « Le Brésil bénéficie d’un profil défensif, mais la performance du marché attire aussi les investisseurs », répond Jacopo Valentino, gérant chez BNP Paribas à Sao Paulo.

L’indice Bovespa, dont la composition est très proche de celle du MSCI Brésil, a gagné 6,7 % en février, devant  les plus grands indices mondiaux. Sa croissance a été tirée par les hausses de Gerdau SA, le plus grand aciériste du Brésil, et de Companhia de Bebidas das Américas, leader de la brasserie dans le pays. Malgré la hausse  récente des indices, le marché brésilien reste très attrayant en termes de valorisation. Le multiple de capitalisation ressort à 14,8 fois les bénéfices, contre 15,9 fois pour le MSCI  pays émergents.

Selon la banque d’affaires américaine Morgan Stanley, la performance de la Bourse tient principalement aux excellentes perspectives bénéficiaires pour 2008. Les compagnies brésiliennes devraient afficher des bénéfices en croissance de 21 % cette année, contre 16 % dans les pays émergents. Petrobras, un géant de la cote, a annoncé en automne la découverte d’une réserve de gaz naturel qui pourrait être assez grande pour satisfaire la demande intérieure. Cosan SA Industria e Comercio, la plus grande compagnie  sucrière du monde, table sur une hausse de 39 % de la demande d’éthanol, substitut au gazoil. Pour le quatrième trimestre 2007, les bénéfices des entreprises du secteur ont grimpé de 20 % en moyenne, et les résultats 2008 s’annoncent au moins aussi bons que ceux de l’année précédente. Les titres de ces entreprises ont ainsi grimpé de 8,5 % en moyenne depuis le début de l’année.

Ces excellentes conditions s’inscrivent dans un environnement macroéconomique encourageant. La balance courante est excédentaire et la banque centrale dispose de plus de 160 milliards de dollars de réserves de change. Elles excédaient la dette extérieure nette en janvier. Pour la première fois de son histoire, le Brésil est donc passé à une situation de créditeur net. Le pays devrait ainsi être encore moins vulnérable aux chocs extérieurs. De plus, les conditions de relâchement du crédit ont permis de dynamiser efficacement la demande intérieure. « Le niveau de crédit constitue un soutien fort au développement interne et une manne pour le développement futur du pays “, souligne Jacopo Valentino. Selon la Banque centrale brésilienne, les prêts des banques ont en effet crû de 27 % en décembre par rapport à l’année précédente. Les principaux bénéficiaires ont été les contructeurs automobiles, l’immobilier et l’industrie des biens d’équipement. Enfin, l’inflation a encore baissé en février, pour le septième mois consécutif.

Cependant, Geoffroy Denis, stratège chez Citigroup, met en garde contre un trop grand optimisme. Les actions restent notamment exposées à un risque de relèvement du  taux directeur, le Selic, actuellement à 11,25 %. La hausse des taux d’intérêt favoriserait donc les produits de taux par rapport aux actions, ce qui renforcerait l’attrait pour la monnaie locale, le real, à son plus haut niveau depuis neuf ans. D’autre part, en cas de regain d’optimisme sur les principales places mondiales, la Bourse brésilienne pourrait perdre son avantage du fait de son caractère défensif.

mars 19, 2008 Publié par Anne-Laure R | Finance | | Pas de commentaire

Marseille tangue à gauche

 A Marseille, la fusion des listes du MoDem avec celles du candidat socialiste de M.Guérini, décidée dès le lendemain du premier tour, pourrait changer l’issue du scrutin à l’avantage du parti de gauche. Si les électeurs du MoDem, menés par Jean-Luc Benhamias, (5,54% des voix) se tournaient vers M.Guérini, plusieurs secteurs de la ville pourraient prendre la rose comme emblème. Pour l’heure, le candidat UMP, M.Gaudin, devance la liste de gauche de 1,9 points (41,03% des voix contre 39,14%). Une percée bien fragile car dans la course au pouvoir, la droite devra faire cavalier seul. LeFront National, qui a obtenu plus de 8% des voix, a en effet appelé massivement à l’abstention au second tour, à l’exception du septième secteur où son chef de file, Stéphane Ravier, a pu se maintenir pour une triangulaire. « Messieurs Gaudin et Muselier (chefs de file de la liste UMP), font preuve de mépris à l’égard du FN. Ils estiment qu’ils peuvent se passer de ses quelques 20 000 électeurs dans les secteurs où nous n’avons pas pu nous maintenir », s’est indigné M.Ravier.

Une entente fondée sur des projets politiques

Le ralliement du MoDem à la gauche, qui n’avait rien d’automatique, s’explique par les nombreux points communs des programmes des deux partis. Mais il y avait un sujet sur lequel le chef de file des centristes s’est montré intraitable : se positionner contre la construction d’un incinérateur dans la communue voisine de Fos-sur-Mer, décrié par les associations de défense de l’environnement. « Ce n’est pas étonnant. A Marseille, Jean-Luc Benhamias était un ancien dirigeant des Verts passé au MoDem », a commenté François Hollande sur France 3. En faveur du projet, L’UMP a vite été écarté de toute alliance. A contrario, M.Guérini, qui propose depuis plusieurs mois un moratoire sur le sujet, a pu obtenir le ferme soutien de la tête de liste centriste.

Le premier secrétaire du PS a largement approuvé cette entente, fondée selon ses propres termes « sur des projets politiques ». « Je préfère la clarté politique plutôt que l’embrouille », a-t-il ajouté.

mars 12, 2008 Publié par Anne-Laure R | Société | | Pas de commentaire

Le pessimisme s’empare de Hongkong et Bombay

Les deux places asiatiques connaissent un fort recul. Hongkong semble mieux orienté.

La désaffection pour les principales Bourses asiatiques n’en finit pas. Les investisseurs, de plus en plus pessimistes et abbatus, contribuent au recul des principaux indices.

C’est le cas en Inde, où la panique envahit la Bourse de Bombay. Le principal indice, le Sensex, a perdu près de 14% depuis le début de l’année. Et alors que le marché indien avait connu l’an dernier un nombre record d’introduction en Bourse (8,3 milliards de dollars de devises levées), deux nouvelles sociétés, le promoteur immobilier Emaar MGF Land et la société de santé Wockhardt Hospitals, viennent juste de reporter leur projet. Les investisseurs redoutent les conséquences du ralentissement de la croissance du PIB, prévue à 8,7% contre 9,6% l’année dernière, mais aussi l’accélération de l’inflation qui devrait décourager la banque centrale de baisser les taux d’intérêt.
Cependant, la meilleure visibilité rendue possible par une politique de stabilisation des taux, alliée au retour à des niveaux de valorisation plus raisonnables - les actions s’échangent en moyenne entre 16 et 17 fois les bénéfices 2008 avant correction contre 22 l’année dernière - devrait permettre de réaliser de belles affaires et encourager les investissements.

Hongkong, une des places financières les plus développées d’Asie, est elle aussi victime de la  chute d’enthousiasme de ses opérateurs de marché. Très attendu, le programme QDII a déçu (voir encadré). La chute du  Hang Seng, l’indice phare hongkongais, très corrélé au Dow Jones, a perdu 18% depuis le début de l’année. Ce recul s’inscrit toutefois dans la ligne des autres grandes places financières asiatiques, qui ont toutes affiché des pertes comprises entre 14 et 20%. « La sous performance de la Bourse ne peut s’expliquer par des spécificités locales. Ce n’est pas un phénomène hongkongais ! », martèle Chakara Sisowath, directeur de la société de gestion Comgest à Hongkong.
« La place hongkongaise devrait bénéficier de la baisse des taux américains. Les dollars américain et hongkongais étant liés, les taux pratiqués à Hongkong sont les mêmes que ceux appliqués aux Etats-Unis. Or ils s’avèrent plus faibles que ce qu’ils devraient être », souligne Chakara Sisowath. En conséquence, la circulation d’argent facile dans le pays, qui devrait encore être amplifiée par la prochaine baisse du taux  de la Fed attendue pour mars, devrait gonfler la Bourse, stimuler  de nouveau l’investissement et redonner des couleurs au marché.
En revanche, toutes les sociétés ne devraient pas profiter de cette opportunité. Dans le cas d’une récession américaine,  les observateurs pensent que les entreprises cotées à Hongkong, qui fabriquent en Chine pour vendre aux Etats-Unis - comme  Esprit, Texwinca ou encore Yue-Yuen -, sont les plus exposées.

Le programme QDII n’a pas eu les effets escomptés 

Le QDII, cette autorisation accordée aux institutions financières chinoises de placer leur argent sur les marchés internationaux, déçoit les investisseurs hongkongais. Mise en place par la Chine, le programme avait pour objectif de mettre un terme à la sous évaluation du yuan, très critiquée par les Etats-Unis, en libéralisant les flux de capitaux. Mais les investisseurs chinois se sont repliés sur les marchés locaux très performants l’année dernière, au détriment de la diversification des fonds. Résultat : les fonds du programme QDII n’ont pas décollé. Depuis sa création en juin 2006, les banques, sociétés de gestion et d’assurance chinoises n’ont collecté que 11 milliards d’encours sur les 42 milliards de dollars accordés. Seules 21 banques commerciales, 5 sociétés de gestion et 14 compagnies d’assurance ont demandé le label. Mis au second plan, le programme a sans doute pâti d’une publicité insuffisante. Au final, l’enthousiasme généré par le QDII est retombé et la Bourse de Hongkong ne bénéficie plus de la spéculation sur l’argent chinois, qui avait atteint des sommets l’année dernière.

février 19, 2008 Publié par Anne-Laure R | Finance | | Pas de commentaire

Les Bourses sud américaines maintiennent le cap

La perspective d’une récession aux Etats-Unis a un impact assez limité sur les principales places financières.

 

En dépit du vent de panique qui continue de secouer les Bourses asiatiques, la crise des marchés financiers ne se propage pas avec la même ampleur à tous les pays émergents. Les Bourses d’Amérique latine en particulier continuent d’attirer les flux d’investissement de portefeuille, malgré leur proximité avec les Etats-Unis. Face à la dégringolade des Bourses de Shangaï et Hong Kong – la première a terminé lundi en baisse de 7,19 %, sa plus mauvaise performance depuis dix ans, alors que Hong Kong a clôturé la séance en recul de 4,25 % -, la baisse des marchés sud américains reste à relativiser. « Les marchés boursiers mexicain, argentin et brésilien n’ont pas été épargnés par les turbulences qui ont affecté les places financières depuis le début de l’année.  Mais la vulnérabilité de ces trois économies à un choc financier externe est sans doute plus réduite que par le passé », souligne Valérie Perracino, économiste spécialisée dans les pays latino-américains chez BNP-Paribas. Les poids lourds du continent ne réagissent cependant pas tous de la même manière à la crise.

Selon une estimation de la banque centrale, la croissance en Argentine devrait se tasser en 2008 mais atteindre tout de même 7,2 %. « L’effet limité sur l’économie locale permet d’affronter avec une plus grande sérénité les conséquences de cette crise pendant l’année 2008 », indique l’institution. Les exportations de produits agricoles dont les prix restent très élevés et l’économie peu financiarisée – le taux d’intermédiation bancaire y est de 12 % - isolent le pays des turbulences actuelles. L’indice phare a repris du gallon fin janvier pour clôturer jeudi 31 janvier à 2007,27 points, en hausse de 1,42%. Le Merval, qui regroupe actuellement 25 sociétés, parmi lesquelles de nombreuses banques, des entreprises de sidérurgie, d’aluminium et de pétrole, accueillera dès mercredi prochain 17 nouvelles valeurs. Les investisseurs pourront donc profiter de nouvelles opportunités.

Au Brésil, l’activité devrait rester encore soutenue, selon le rapport de la Banque mondiale sur les perspectives économiques mondiales 2008. Les fondamentaux sont sains : la balance courante y est excédentaire, la banque centrale a accumulé plus de 160 milliards de dollars de réserves de change, et une politique monétaire orthodoxe efficace maintient l’inflation à des taux acceptables. Attirés par un écart de taux avantageux, les capitaux étrangers affluent et viennent soutenir une croissance déjà dynamique. Les valeurs des trois sociétés leaders du Bovespa, Vale Rio Doce,  le groupe minier CVRD et Petrobras ont bien réagi à l’annonce du plan de relance. Le cours de Petrobras, la société la plus représentée dans l’indice, devrait être stimulé par la découverte récente de nouveaux gisements de pétrole et la montée du prix du baril.

Reste que la thèse du découplage des économies a de quoi faire rêver le Mexique qui reste encore très largement dépendant de son voisin américain. Cependant, les conséquences de la crise sur l’économie locale n’inquiètent pas spécialement le gouvernement. Selon les estimations officielles, la croissance en 2008 devrait être supérieure à l’année précédente et atteindre 3,5 %, notamment grâce à la flambée de la demande d’automobiles par les Etats-Unis. Des résultats qui confirment les prévisions de la Banque mondiale en faveur d’un rebond de l’économie mexicaine. Et contrairement à la plupart des Bourses asiatiques, la place financière mexicaine a bien résisté. A l’annonce du plan de relance américain la semaine dernière, la Bourse a bondit de 8,22 %, revenant au  niveau d’il y a un an. Les valeurs les plus connues, Telmex pour les télécommunications et Cemex pour les cimentiers, restent les plus performantes. 

février 4, 2008 Publié par Anne-Laure R | Finance | | Pas de commentaire

Condamnée pour parjure

Condamnée à six mois de prison plus pour avoir menti que pour avoir triché. L’athlète Marion Jones, déchue de ses cinq médailles olympiques, avait connu une carrière sportive exceptionnelle, tant par ses débuts de basketteuses (championne NCAA avec la Caroline du Nord et aux portes de l’équipe américaine) que ses exploits en athlétisme (sur le 100m, 200 m et à la longueur). Acculée, soupçonnée, elle finit par avouer des prises de stéroïdes dès 1999. La justice américaine a voulu en faire un exemple, elle risque de rester la seule affaire de dopage révélée. Quel athlète, après avoir vu une des leurs ruinée, humiliée, voudra prendre le risque d’avouer se doper ? Paradoxe de la justice qui condamne au prix fort une athlète qui passe aux aveux. On le sait, les américains détestent le mensonge. L’ancien président Bill Clinton avait lui aussi bien failli être déchu pour avoir menti aux américains sur sa liaison avec Monica. Mais société bien hypocrite, qui n’a pas voulu voir les honteux mensonges de Bush sur la soit-disante présence d’armes de destruction massive en Irak. Lui n’a pas eu à craindre le pire. Société manipulée malgré elle ou qui ferme les yeux sur les plus haut parjures commis dans sa sphère politique ? Avant de condamner avec autant de sévérité une athlète, l’Amérique ferait bien de donner d’abord des leçons de morale aux personnalités censées les représenter.

janvier 18, 2008 Publié par Anne-Laure R | Société | | Pas de commentaire

Très chère Christine…

120 000 euros par an pour deux malheureux billets d’humeur - un en français, un en anglais -. C’est cher payé la pige. Alors que certains journalistes galèrent à décrocher des piges sous payées et peinent à gagner leur croûte quotidienne, l’annonce fait grincer des dents. Pourquoi une telle différence de salaire : le talent, la notoriété… ou le copinage ? Un peu des deux premiers, beaucoup du troisième. Le Point ne manque pas de rappeler que la chaîne, actuellement sous la tutelle de Matignon, pourrait bientôt passer sous la coupe du ministère des Affaires Etrangères (avec le rapprochement prévu entre France 24, TV5 Monde et RFI). Or qui est la tête du quai d’Orsay ? Bernard Kouchner, l’époux de Christine Ockrent. Lors de sa conférence de presse du 8 janvier dernier, Nicolas Sarkozy avait plaidé pour que France 24 ne parle que français, condamnant les rédactions en anglais et en arabe. Mais Bernard Kouchner s’était opposé publiquement à cette disparition des langues étrangères. Protégerait-il la moitié des piges de sa compagne ? Croyez-y ou pas, mais avouez que l’enchaînement des circonstances à de quoi rendre sceptiques les uns, et attiser la parano des autres…

janvier 18, 2008 Publié par Anne-Laure R | Journalisme | | Pas de commentaire

Comment va t-on travailler en 2008 ?

Le nouveau contrat de travail se précise. Mesure phare de la campagne électorale de Nicolas Sarkozy, il devrait permettre une baisse durable du chômage en introduisant plus de flexibilité pour les employeurs, tout en sécurisant les parcours professionnels. Avec 2,7 millions de chômeurs en France, représentant  9,8 % de la population active selon l’INSEE, le défi est d’importance. Réclamée par le patronat depuis plus de vingt cinq ans, les règles de rupture du CDI sont désormais simplifiées. La mesure, qui concerne 85% des salariés en France, fait l’effet d’une mini-révolution dans le paysage social français. Décryptage.
 
Sur le fond, chaque camp a fait des concessions et obtient des avancées. Les plus manifestes sont pour les entreprises. Les périodes d’essai pourront être allongées. Concrètement, cela revient à dire que les contrats peuvent être rompus plus facilement. En contrepartie, le CNE (contrat nouvelle embauche), qui permettait à un chef d’entreprise de se séparer d’un employé sans avoir à se justifier, est supprimé. Mais pour que le licenciement à l’amiable incite l’employeur à embaucher, encore faut-il que les patrons changent de comportement. Autrement dit, vont-ils recruter davantage que du temps de l’ancien CDI ?  « Si on assouplit la rupture du CDI cela aura deux effets : la libération des embauches et la hausse du recrutement et des renvois. Mais l’effet le plus probable va être l’augmentation du turn-over », répond Jean-Louis Dayan, professeur d’économie à l’université de Paris I-Panthéon Sorbonne, spécialiste de l’économie du travail et de l’emploi. Pour que cette mesure soit efficace, il faut donc que le  turn-over génère de la croissance. Et en ce domaine, deux écoles s’affrontent. Selon les hétérodoxes1, le scepticisme prime. Pour eux, l’insécurité générée par le turn-over entraîne une baisse de motivation, de productivité et une chute prévisible de la consommation et de l’épargne. Rien de très positifs pour la croissance. A l’inverse, les libéraux croient aux vertus d’un marché du travail fluide caractérisé par beaucoup d’entrées et de sorties. Dans cette vision de l’économie existe un meilleur appariement de l’offre et de la demande du travail, qui rend l’économie plus souple et davantage compétitive. Selon eux, un marché fluide permet de retrouver facilement du travail et donc de réduire le chômage. Malheureusement, impossible à ce jour de trancher entre ces deux théories : tous les scénarios sont à prévoir.

Deuxième mesure qui devrait satisfaire les employeurs : le contrat de mission (« à projet défini ») demandé par le patronat depuis plus de dix ans est étendu, alors qu’il avait soulevé un tollé quand le rapport Virville l’avait proposé en 2004. Conséquence à prévoir : l’augmentation de la mobilité des plus qualifiés. Mobilité rime-t-il avec précarité ? « Le personnel qualifié est très peu concerné par le chômage et les emplois précaires. Elle ne se pose pas pour eux à l’exception des seniors et de ceux touchés par les licenciements économiques », rappelle Jean-Louis Dayan.

Par comparaison, les gains des salariés paraissent à première vue plus limités : ils bénéficient d’indemnités de licenciement accrues et de la garantie de conserver, s’ils perdent leur emploi, leur complémentaire santé et leurs droits à formation acquis. Mais encore faut-il montrer que la formation permet de se reclasser et de retrouver un emploi. Avec seulement 20 heures de formation par an, difficile d’apprendre intégralement un nouveau métier. Beaucoup peuvent donc se retrouver sur le carreau. Ce peut être le cas d’un ouvrier licencié économique qui peine à retrouver du travail dans un secteur en perte de souffle, et qui désire obtenir une nouvelle qualification. Autre problème : par un effet boule de neige, il est bien connu que la formation continue profite déjà aux plus formés. « Mais c’est une porte ouverte car jusque là le patronat ne voulait de ce principe », souligne Jean-Louis Dayan.

L’objectif visé par les négociateurs, un peu plus de flexibilité contre un peu plus de sécurité, est donc atteint. On peut bien sûr regretter que cette réforme se fasse à la française, c’est-à-dire par petites touches et ajout de règles nouvelles au lieu d’une remise à plat générale. Le droit du travail, dont la complexité est légendaire, n’en sortira pas vraiment simplifié - à l’instar de ce qui passe sur les 35 heures. En attendant un accord pour renégocier l’assurance-chômage, le concept de sécurisation des parcours professionnels reste également vague. Au total, le résultat est appréciable mais il paraît excessif de parler d’un modèle de flexi-sécurité à l’identique de ce qu’autres pays ont bâti (voir encadré).

Le contrat de travail unique pose aussi des questions cruciales pour l’avenir de notre société. Le risque est grand que se créée une segmentation du marché du travail et que se mette en place une dualité, avec d’un côté les travailleurs sous anciens CDI, et les autres sous contrat  moins protégés. Selon Pierre Cahuc, professeur d’économie à l’Ecole polytechnique: « Tout dépend de l’évolution de la législation. Si le projet des partenaires sociaux qui introduit des périodes d’essai pouvant aller jusqu’à six mois pour les non-cadres et un an pour les cadres s’applique, il est vraisemblable que la dualité ira en s’accentuant. Ce qui n’est sans doute pas souhaitable. Et ce qui est la conséquence de l’absence de proposition visant à modifier les modalités de rupture du CDI. »  Ce type de contrats reproduit en grande partie les inconvénients du CDD. Il a tendance à accentuer un marché à deux vitesses, donc à accroître la part des salariés dont les emplois sont très instables, sans résoudre le problème du manque de flexibilité pour la gestion des emplois des salariés en CDI.   

Autre problème soulevé : ce texte pourrait-il faire baisser le chômage ? « Oui, et rapidement. Nous pourrions enfin nous débarasser de cette épée de Damoclès suspendue au-dessus de nos têtes depuis 25 ans. Ce projet représente aussi un immense espoir pour les jeunes générations et pour les talents qui ont quitté la France, car ils ne pouvaient y éclore », répond Laurence Parisot, présidente du Medef, qui s’est félicitée d’”une vraie bonne nouvelle pour l’embauche en France”. Concrètement, qu’est-ce qui va changer pour l’emploi ? Contredisant la présidente du Medef, Jean-Louis Dayan rappelle que les études sur le sujet montrent que la flexibilité de l’emploi ne suffit pas, à elle seule, à accroître le nombre d’emplois disponibles et donc à faire baisser le chômage. En revanche, cela permet plus de rotation et plus d’embauches. Ce à quoi on peut s’attendre alors, c’est un turn-over plus rapide sur le marché du travail, mais pas forcément à un meilleur accompagnement de l’exclusion.

 

janvier 15, 2008 Publié par Anne-Laure R | Société | | Pas de commentaire

Ethique et performance boursière, les inconciliables?

L’Investissement Socialement Responsable (ISR), tiré par l’offre, s’impose petit à petit dans l’esprit des acteurs financiers désirant donner du sens à leurs placements. Mais peut-il être pour autant performant ?

 Les marchés financiers traversent l’année 2007 en cahotant…. Tous ? Pas si sûr, le marché de l’Investissement Socialement Responsable (ISR) explose. Il a bondi de 26% en 2006, représentant un montant de 12 milliards d’euros. Sur le marché ISR global, comprenant les fonds ISR, l’épargne salariale et les mandats de gestion, ce sont 16 milliards d’euros qui ont été placés, un chiffre en progression de 88%. L’épargne solidaire, qui permet de financer des projets à vocation sociale, voit aussi ses encours progresser. Près de 1,3 milliards d’euros ont été collectés en 2006, en augmentation de 43%. Les investisseurs font de plus en plus le choix de placer leur argent dans des fonds éthiques et solidaires. L’ISR est-il un simple mouvement idéaliste ou bien répond-il à une recherche de valeur à long terme ?  « Les critères environnement, social et gouvernance (E, S et G) sont des éléments très concrets qui contribuent à une meilleure compréhension d’ensemble de la gestion des entreprises. L’essor de l’ISR ne correspond  pas à  un mouvement idéaliste, mais traduit au contraire une vision de plus en plus pragmatique de l’entreprise », répond Xavier Desmadryl, responsable mondial de la recherche ISR chez HSBC Investment et co-président du groupe de travail Asset Management du programme des Nations-Unies pour l’environnement et la finance (Unepfi). L’entreprise Enron, qui a fauté dans la gouvernance à travers les nombreuses malversations comptables, a vu sa capitalisation boursière complètement dévaluée. Faillir dans un des critères E, S et/ou G  peut donc entraîner des pertes financières très problématiques pour les investisseurs. « C’est pourquoi ces critères devraient faire partie de l’analyse risques et opportunités des entreprises , et être intégrés dans les modèles de valorisation des titres », ajoute-t-il. Les sociétés de gestion ayant réalisé le poids des critères extra-financiers dans le niveau de performance à moyen ou long terme des entreprises ont ainsi multiplié leurs portefeuilles de fonds ISR. « On comptait 144 fonds ISR sur le marché français en 2006, contre 30 en 2001. Pour un marché de niche, la croissance est assez exceptionnelle. En terme de fonds, la France est un des marchés les plus développés en Europe après les pays du nord et la Grande-Bretagne. Sa particularité est d’avoir été tiré par l’offre et rattrapé par la demande », explique Anne-Catherine Husson-Traoré, directrice générale de Novethic. De même, selon un sondage réalisé en 2006 par IFOP pour le magazine Investir, 83% des actionnaires français comptent prendre en compte la politique « socialement responsable » des entreprises dans leurs choix futurs de fonds. Investir dans des fonds ISR sonnerait-il désormais comme une évidence ?

Une goutte d’eau dans l’océan ? 

En 5 ans, l’éventail de l’offre s’est considérablement enrichi, avec la naissance de nombreuses niches. Au départ tournés vers des préoccupations générales, les portefeuilles ISR comprenaient pêle-mêle des fonds de sociétés soucieuses des questions morales, sociales, environnementales et de gouvernance de gestion. Avec la maturation du marché des fonds ISR, les gestionnaires cherchent à se différencier. La nouveauté se trouve dans l’émergence de fonds thématiques spécialisés dans l’eau, l’environnement, le carbone, ou encore les droits de l’homme, comme le fond « liberté et solidarité » crée par la Fédération Internationale des Droits de l’Homme. « Etant donnée l’attention croissante portée sur les sujets sociaux et  environnementaux, les gens s’éveillent à une forme de conscience et réalisent que cela peut valoir le coup de confier leur épargne à des fonds ISR thématiques  », souligne Laurence Loubières, analyste en placement éthique chez Meeschaert Gestion, première banque à avoir proposé en 1983 des fonds éthiques à la demande de congrégations religieuses. « Auparavant les gestionnaires privilégiaient les bonnes pratiques et la qualité du management. Ils sélectionnent désormais les entreprises qui luttent contre le changement climatique, qui favorisent la limitation de la consommation en eau, … Les objectifs deviennent de plus en précis », analyse Valery Lucas-Leclin, gérant ISR et co-directeur de la recherche à la Société Générale. Malgré un large choix dans l’offre, les placements solidaires restent très limités auprès du grand public. Une mauvaise diffusion de l’information au sein des sociétés, une publicité quasi inexistante expliquent pourquoi les particuliers détiennent seulement 37 % des fonds ISR. « En revanche, certains organismes d’Etat comme les caisses de retraite et les mutuelles abondent de plus en plus dans le sens de ces placements. Le fonds de réserve des retraites a ainsi confié 3 milliards à des banques pour constituer des fonds ISR, notamment dans les droits de l’homme et l’environnement », se réjouit Laurence Loubières. Une exception qui confirme la règle, les ISR restant globalement peu connus. Seraient-ils moins rémunérateurs que des fonds classiques?  

Une performance sous-estimée 

« On pense à tort que l’investissement dans des ISR entraîne une sous performance chronique. Or une étude réalisée par le programme des Nations-Unies pour l’environnement et la finance (Unepfi) et Mercer Investment a conclut qu’il n’y avait pas de malédiction dans l’ISR. Sa performance est sensiblement en ligne avec celle d’un investissement classique sur une durée de trois à cinq ans », répond Xavier Desmadryl. « A la Financière de Champlain, nous avons fait le pari que les fonds extra-financiers sont rentables sur le long terme. Nous avons pris le parti de considérer que l’ISR entraîne un cercle vertueux avec les clients, les fournisseurs,…générant un meilleur fonctionnement de l’entreprise. C’est une gestion de conviction qui ne doit pas oublier d’être performante », ajoute Isabelle de Priaulet, directrice de la communication. ISR n’est donc pas synonyme de sous performance, de même que l’épargne solidaire ne signifie pas investir à fonds perdus. « Chez Finansol, les clients se préoccupent plus de l’utilité sociale de leur épargne que de la rentabilité. Mais non, ils ne perdent pas d’argent, les fonds sont rémunérés ! », martèle François de Witt, président de finansol.org, le collectif regroupant les acteurs de l’épargne solidaire. Certains fonds ISR permettent même d’obtenir des gains supérieurs à ceux de valeurs classiques. « Pour les fonds environnementaux, les performances sur trois ou quatre ans supplantent les valeurs du marché : 90% de gains ces trois dernières années pour les premiers, contre 60% pour l’indice MSCI world représentant les principaux titres au niveau mondial », souligne Eric Borremans, chargé de l’investissement responsable et du développement durable de BNP Paribas AMPourquoi, parmi les fonds ISR, les énergies renouvelables suscitent-elles tant l’intérêt des investisseurs ? « Un cadre réglementaire favorable allié à une reconnaissance générale du besoin en énergie renouvelable pour le futur a fait exploser les ventes des fonds environnementaux », explique Valery Lucas-Leclin. « Avec la prévision d’une forte augmentation du prix du pétrole – raréfaction des puits à partir de 2011 et menaces du président Vénézuélien Hugo Chavez d’augmenter le prix à 150 voire 200 dollars le baril, contre 100 actuellement-, l’intérêt des sociétés de gestion  pour les énergies alternatives s’accroît », ajoute Xavier Desmadryl. Au risque de provoquer l’émergence d’une bulle spéculative. Les secteurs de l’éolien, du solaire, des agrocarburants, des céréales - soit les plus demandés - sont les plus concernés. « Il y a encore 2, 3 ans on gagnait à tous les coups ; désormais il y a une chance sur deux de perdre beaucoup d’argent dans ce secteur. A côté de valeurs surcotées (management médiocre, peu de capacités à se développer…), co-existent des valeurs performantes. Il faut bien s’informer, être méfiant et sélectif », conseille Valéry Lucas-Leclin.

Des garde-fous plus nombreux 

Les agences de notations ont joué un rôle clé dans le développement du marché de l’IRS (cf. encadré). Mais avec la professionnalisation du secteur, la tendance est  désormais au développement d’équipes internes dans l’investissement socialement responsable. Selon une étude de Novethic réalisée fin 2006, 60% des sociétés de gestion possèdent une compétence interne d’analyse extra-financière. Pour bâtir leurs portefeuilles, les 40% restant n’ont d’autres choix que de se fier aux résultats des agences de notation. En France, Vigeo et Innovest se sont imposées comme les leader du marché. Entre 60 et 65 % des sociétés de gestion françaises contre 23 % se fournissent respectivement chez ces agences. Mais ces données ne suffisent pas en elles-mêmes. « Chez BNP Paribas AM, la notation des agences type Vigeo et Innovest sert de base à l’avis de nos analystes extra-financiers. Nous avons nos propres critères et nous effectuons une évaluation à travers des entretiens avec les entreprises pour approfondir des questions particulières », assure Eric Borremans. Isabelle de Priaulet de la Financière de Champlain se montre aussi critique : « Nous allons nous-mêmes sur le terrain pour vérifier auprès des DRH, des délégués syndicaux, des fournisseurs… que les informations données correspondent effectivement à la réalité ». Le créneau étant prometteur, certaines sociétés de gestion n’hésitent pas à utiliser ces notes sans prendre aucun recul. Mais les notes des agences de notation ne font donc pas paroles d’évangile dans les sociétés de gestion ISR équipées de spécialistes sur ces fonds. Mais il n’existe pas de méthodologie commune comme c’est le cas pour l’analyse financière classique. « Chaque société de gestion donne ses propres poids aux critères en fonction de ses convictions. C’est un champ qualitatif où existe une grande part de subjectivité. Pour performer à long terme, nous avons recours aux méthodes de l’analyse financière », explique Valery Lucas-Leclin. Finansol a même crée son propre label. « Finansol est donné par un comité indépendant composé de spécialistes de la finance. Les conditions à son obtention sont double : il faut être solidaire et transparent. De plus en plus de produits cherchent à l’obtenir aujourd’hui », se félicite François de Witt, président de Finansol.  

Du choix des fonds ISR 

Avec la multiplication des expertises, des notes et des labels, les méthodes d’analyse ISR sont presque aussi nombreuses que les sociétés de gestion qui les gèrent. Qu’ont de commun les fonds ISR ? Pour sélectionner les fonds, les gestionnaires utilisent des filtres sociaux, environnementaux, ou éthiques. Les gérants ISR privilégient l’un ou l’autre de ces critères, en fonction de leur sensibilité, de leurs valeurs et de leurs principes. Certains fonds vont littéralement exclure toutes les sociétés qui appartiennent à des secteurs peu “recommandables”, comme l’armement, le tabac, l’alcool, les jeux, la pornographie… D’autres sociétés de gestion vont sélectionner des fonds d’entreprises qui agissent dans le sens d’une meilleure prise en compte des enjeux environnementaux. Une gestion ISR consiste aussi à investir dans des sociétés qui se distinguent par leur bonne gouvernance, c’est-à-dire qui ont une politique sociale interne irréprochable, qui font des efforts au niveau de la formation, de l’égalité des chances des salariés ou de l’évolutivité des emplois. D’autres gestionnaires utiliseront enfin l’analyse ISR en complément de l’analyse financière classique. Dans ce cas, la performance des fonds prime sur l’utilité sociale, environnementale ou éthique des placements. La palette de choix est donc très large et il est parfois difficile de s’y retrouver. Comment dans ce contexte repérer les fonds ISR fiables ? « Seule une vingtaine de  sociétés de gestion adhèrent au code de transparence mis en place par l’Association Française de la Gestion Financière et le FIR/Eurosif. Le constat n’est pas anodin. Il signifie que les industries de gestion ISR manquent dans leur très grande majorité de transparence », avertit Michel Lemonnier de Groupama AM. Mieux vaut donc se méfier des sociétés qui ne publient pas le contenu de leurs portefeuilles. Les fonds ISR manquent parfois de clarté, ce qui rend difficile le choix du « bon » portefeuille, celui qui correspond à ses véritables convictions. Certains portefeuilles de fonds ISR révèlent ainsi des surprises. Certains vont par exemple intégrer des sociétés actionnaires dans le nucléaire, considérant que ce type d’énergie ne rejette pas d’émission de CO2, contrairement à d’autres énergies comme le charbon. Alors que d’autres s’y refuseront, soulignant la dangerosité des centrales. « Tout investisseur a le droit d’aimer ou de ne pas aimer une activité », glisse Valery Lucas-Leclin. La qualité de sélection des ISR varie selon les approches et la méthodologie d’analyse ISR - utilisation de filtres sociaux, environnementaux ou éthiques, sélection des meilleurs ou encore évaluation ISR comme complément à l’analyse classique –. « Certaines sociétés sont laxistes, d’autres sont beaucoup plus strictes dans le choix de leurs fonds. Chez Groupama AM, nous sélectionnons les 30% de fonds les mieux notés ; nous réduisons considérablement l’univers des possibles, évitant ainsi les fonds douteux », commente Michel Lemonnier. Pour trier les fonds, la meilleure solution consiste encore à faire appel aux entreprises qui les notent. Novethic, en partenariat avec Amadeis, renouvelle tous les semestres les notations attribuées aux fonds ISR. Chacun est évalué par une note allant de AAA pour les meilleurs – parmi lesquels le fonds « Euro Capital Durable » de Groupama AM, premier fonds noté AAA en 2005 - à BBB pour les plus mauvais élèves.

La sous-performance chronique des fonds ISR, ainsi que leur spécificité, est donc bien un mythe. Tout dépend de ses priorités – recherche de performance ou utilité sociale, environnementale et éthique de son argent - et de la qualité des informateurs et des gérants à qui les investisseurs confient leurs bas de laine.

novembre 29, 2007 Publié par Anne-Laure R | Finance | | Pas de commentaire

Tous debout pour le journalisme !

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“Debout pour le journalisme!», « M. Arnaud, l’indépendance ce n’est pas du luxe », « l’emploi c’est pas du luxe »,… les slogans brandis par les journalistes en colère contre l’ingérence des grands groupes – LVMH, Lagardère,…- dans les organismes de presse étaient éloquents. La manifestation, organisée dans une trentaine de pays par la fédération européenne des journalistes (FEJ), avait un but précis : interpeller les élus pour garantir au citoyen une presse indépendante.

Le mouvement de protestation - le premier événement organisé depuis 15 ans par la FEJ - a mobilisé aujourd’hui à Paris une centaine de journalistes venus manifester leur désarroi face à la situation de la presse en France. Plus que chez nos voisins européens, où les titres les plus influents sont indépendants des groupes industriels, l’état de l’information est inquiétant : rapprochement étroit d’industriels avec certains groupes de presse - selon un sondage de l’institut LH2, une large majorité des Français (62 %) estiment que leurs médias d’information sont trop proches du pouvoir politique -, profession délabrée qui rend toute protestation difficile – 20% sont pigistes –, les journalistes semblent être acculés dans une impasse. Rassemblés devant le haut lieu symbolique qu’est l’Assemblée nationale, les professionnels de l’information, dont une bonne majorité venait des Echos, de France 3 et de l’AFP, ont évoqué ensemble les menaces qui pèsent sur le journalisme et l’information : précarisation, non-respect du principe de protection des sources, pressions économiques et politiques, … « Les rédactions sont de plus en plus liées au pouvoir et à l’argent. La déontologie n’est plus respectée, les rédactions ont des liens avec la publicité, donc ce n’est plus de l’information mais du commerce », dénonce en vitesse David Larbre, du syndicat national des journalistes (SNJ) de La Tribune, avant de filer poser pour la traditionnelle photo de famille, debout devant la banderolle phare de la manifestation : « pas de démocratie sans liberté d’information »…

Dans les discours au micro des nombreux syndicats – Sud, SNJ, USJ, … – qui ont suivi, tous ont tiré la sonnette d’alarme et souligné l’attachement des journalistes à leur métier. Dans une liste exposée par le SNJ, des propositions - élaborées depuis quatre mois par les syndicats et remises aux parlementaires avec une pétition - ont été formulées dans le sens d’une meilleure protection du métier de journalisme et du pluralisme de l’information. Dans le détail de nombreux points ont été soulignés, notamment la création de droits individuels à opposer à des groupes de plus en plus puissants, et l’obligation pour l’éditeur de remettre chaque année la composition de l’équipe rédactionnelle - y compris les précaires et les correspondants. D’autres propositions ont été mises sur le tapis, comme la mise en place d’une consultation de l’équipe rédactionnelle avant et pendant la nomination d’un nouveau directeur de rédaction, directeur général ou rédacteur en chef, et la possibilité pour elle de s’opposer au projet rédactionnel en saisissant le comité d’entreprise – “pour leur donner du poids, les aides de l’Etat pourraient être suspendues jusqu’à ce que les dirigeants cèdent” -. La question de la transparence des entreprises de presse a également été évoquée. Les partis socialiste et communiste devaient recevoir dans l’après-midi les représentants des syndicats. Mais ceux-ci ne comptent pas en rester là, d’autres manifestations étant prévues dans le mois qui suit.

novembre 5, 2007 Publié par Anne-Laure R | Journalisme | | Pas de commentaire